Wendake, le 24 novembre 2025 – La 30e Conférence des Parties sur le climat (COP30) s’est terminée ce samedi à Belém, confirmant une fois de plus que trois décennies de négociations n’ont pas su transformer les promesses en actions concrètes. Pendant ce temps, les impacts de la crise climatique s’intensifient, particulièrement pour nous, les Premières Nations, qui subissons les conséquences sur nos territoires, notre santé, nos langues et nos modes de vie.
Si la rencontre internationale a rappelé l’ampleur de l’urgence climatique, elle a aussi mis en lumière l’affaiblissement actuel du leadership canadien : faible ambition dans les négociations, poursuite du soutien à l’expansion des énergies fossiles et l’attribution au Canada du prix satirique « fossile du jour », une première depuis 2014. Au Québec, alors que le gouvernement consulte sur sa nouvelle cible climatique pour 2030, le projet de loi 7 permettrait de puiser dans le Fonds d’électrification et de changements climatiques vers d’autres priorités, soulevant des inquiétudes quant à la cohérence de l’action climatique provinciale.
Toutefois, la COP30 a marqué une avancée avec l’adoption du Mécanisme pour une transition juste, qui reconnaît que toutes les actions climatiques doivent respecter les droits des peuples autochtones, incluant le droit au consentement préalable, libre et éclairé, et assurer leur participation pleine et significative dans toutes les décisions. Le Mécanisme affirme que ces actions – de la réduction des émissions à l’adaptation, au renforcement de la résilience et des capacités – sont indissociables de la protection de la biodiversité et de l’intégrité des écosystèmes.
Face à ces constats, l’APNQL rappelle aux gouvernements :
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De poursuivre les efforts de réduction de gaz à effet de serre avec des cibles ambitieuses afin de limiter les dommages climatiques ;
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De respecter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dans les politiques climatiques – notamment les droits à l’autodétermination et au consentement préalable, libre et éclairé, conformément au Mécanisme pour une transition juste adopté à la COP30.
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De mettre en œuvre une réconciliation législative qui intègre les droits ancestraux et issus de traité dans les lois climatiques et qui assure la participation directe des Premières Nations aux processus décisionnels;
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De financer adéquatement la lutte et l’adaptation climatiques pour protéger les communautés et soutenir leur leadership ;
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D’aborder conjointement les crises climatiques et de la biodiversité, qui sont profondément interreliées et requièrent des solutions holistiques. Les aires protégées autochtones représentent de telles solutions et doivent être mises en œuvre.
En parallèle de la COP30, le Sommet des Peuples organisé à Belém a rassemblé des peuples autochtones du monde entier, culminant avec une marche pour la justice climatique réunissant 70 000 personnes. Cette mobilisation rappelle avec force que les solutions à la crise climatique ne peuvent se construire sans la participation des peuples autochtones qui protègent et habitent ces territoires. Les Premières Nations sont prêtes à être des partenaires dans cette transition, mais cela exige une reconnaissance véritable de nos droits, de nos savoirs et de notre rôle de gardiens du territoire. Il est temps que les gouvernements du Canada et du Québec respectent enfin leurs engagements envers les Premières Nations et envers les générations futures.